LES DERNIERES NOUVELLES DU SUAIRE DE TURIN

 PLAN DE LA PAGE :

  1. 27/08/2005 : Réponse à "Science et Vie"
  2. 14/04/2005 : Une nouvelle théorie de formation de l'image : la "Shadow Theory"
  3. 08/03/2005 : Décès de Raymond Rogers
  4. 21/01/2005 : Un article de Raymond Rogers dans la revue Thermochimica Acta invalide définitivement la datation au carbone 14 de 1988 ; suivi de :

 


27/08/2005 : UNE REPONSE A "SCIENCE ET VIE"

Dans le numéro de juillet 2005 de la revue "Science et Vie" a été publié un article sur le suaire de Turin tendant à démontrer que celui-ci est un faux médiéval avec "preuves" à l'appui consistant en la fabrication, à partir d'un bas-relief, d'une copie "étonnante de ressemblance" de l'empreinte du suaire.

Quelques jours auparavant, le Cercle "zététique" (zététique : recherches scientifiques dont le but est de démontrer les fraudes ou d'expliquer rationnellement les phénomènes dits "paranormaux") organisait au Muséum d'Histoire naturelle à Paris, devant la presse, une "démonstration" identique.

Dans les jours qui suivirent, plusieurs journaux et revues ou sites internet annonçaient que "la preuve était faite", le suaire ne pouvait être qu'un faux médiéval facilement imité.

Les lecteurs de ce site savent que ce soi-disant "scoop" n'est en fait qu'un nouvel essai, basé sur d'autres essais anciens à peine modifiés, pour expliquer l'image du suaire et que la récente "campagne médiatique" des zététiciens a évidemment pour but de contrer le nouvel intérêt du public pour le suaire depuis les récentes découvertes du regretté Ray Rogers invalidant la datation au Carbone 14 et largement présentées sur ce site.

Néanmoins, à la demande de beaucoup d'habitués du site, je propose un document PDF (à télécharger, diffuser..) qui réfute point par point l'argumentation des zététiciens et de "Science et Vie", ainsi que la fameuse "démonstration" de la fabrication d'un "vrai faux suaire".

Bien entendu, vous retrouverez dans ce document beaucoup de faits déjà exposés sur ce site, mais il a aussi pour vocation de s'adresser à ceux qui, ne connaissant pas le dossier, s'interrogent sur le suaire.

De plus, j'ai le plaisir de mettre en ligne un autre document PDF qui m'a aimablement été proposé par un expert professionnel travaillant depuis des années dans le domaine du traitement d'images et de l'analyse tridimensionnelle. Cet article présente une analyse comparée de la tridimensionnalité de l'image du suaire, de l'image obtenue par Wilson dans sa "shadow theory" (voir ci-dessous 14/04/2005) et de celle obtenue dans la "démonstration" de Science et Vie". Cet article, largement illustré, est complémentaire du mien mais a son unité propre. Il représente, je pense, une contribution importante au débat.

 

14/04/2005 : LA "SHADOW THEORY" OU THEORIE DE L'OMBRE PORTEE  

Depuis quelques semaines, une nouvelle théorie fait les gros titres des médias, en particulier américains, selon lesquels la démonstration du faux médiéval serait enfin apportée, parce que l'on saurait enfin comment l'image aurait été produite.

Tout est parti de ce site, qui est quotidiennement visité par des milliers d'internautes du monde entier.

L'auteur de cette théorie est N.D Wilson, un professeur de littérature de collège, sans formation scientifique comme il le reconnaît, aidé à un moment donné par le Dr.Scott Minnich, professeur de microbiologie.

Wilson, intrigué par la propriété de "négatif photographique" de l'image du suaire et l'échec des tentatives successives d'explication dont aucune, à ce jour, ne peut expliquer la totalité des propriétés de cette image, élabora un nouveau "paradigme" ou cadre conceptuel : l'image ne proviendrait pas d'une modification du support dans la zone image, mais au contraire d'une absence de modification alors que le reste du tissu serait modifié.

 

- Hypothèse : Un homme du Moyen-Age aurait pu produire l’image du suaire avec ses propriétés de négativité et tridimensionnalité sur le lin avec uniquement une vitre et de la peinture blanche.

- Expérimentation : succinctement, on peint un visage ressemblant à celui de l'homme du suaire sur une vitre avec une peinture blanche, en positif. On la place au dessus du tissu et on laisse l'ensemble au soleil pendant plusieurs jours.

Le soleil, dans sa course, éclaire le tissu sous différents angles au cours de la journée et jour après jour. Les rayons du soleil blanchissent le lin sauf les parties situées immédiatement sous la peinture.

- Résultats : une image, en négatif (ce qui est logique) se développe progressivement.

Les négatifs photographiques de cette image ressemblent beaucoup à ceux du suaire.

Une analyse des photos à l'aide de logiciels adaptés permet de mettre en évidence un effet tridimensionnel proche de celui du linceul de Turin.

- Discussion :

Il est indéniable, au vu des photos, que l'image obtenue ressemble à celle du suaire et que, sous réserve d'analyses plus approfondies à venir, l'auteur a peut-être réussi à reproduire deux des propriétés optiques les plus importantes et étonnantes du suaire : la négativité et la tridimensionnalité. On peut y rajouter l'absence de contour.

L'autre point positif est l'absence, concordante avec les recherches antérieures, de toute peinture ou pigment à l'origine de l'image dans son modèle.

Le mystère est-il pour autant levé?

De nombreuses critiques et questions peuvent être (et ont déjà été) émises :

            - quelle était la disponibilité au Moyen-Age d’une glace de la dimension requise ? : la question n’est pas tranchée.

            - l’extrême difficulté à peindre sur la glace le corps entier, de façon anatomiquement exacte avec tous les détails a déjà été abordée ici.

Wilson le reconnaît d'ailleurs implicitement puisque son scénario est celui d'une crucifixion réelle effectuée par des templiers pour servir de modèle à la peinture sur la vitre (!).

            - Il semble bien que pour peindre son modèle sur la glace, Beauchamp (le peintre amateur de Wilson) ait utilisé le négatif de la photo du suaire (ce qui n’a évidemment pas de sens au Moyen-Âge) et que, comme négativité et tri-dimensionnalité sont liées, il est moins étonnant que le résultat possède une certaine tri-dimensionnalité (  pour une analyse de la tridimensionnalité de l'image de Wilson, voir ce document).

 

Plus importantes sont les questions sur la nature physico-chimique de l'image : est-elle compatible avec le mécanisme proposé ?

Notons d'emblée que Wilson reconnaît n'avoir fait aucune étude de son image dans ce domaine. Il pense pouvoir le faire au cours de l'été 2005 (attendons...).

Plus étonnant est le fait qu'il ne propose aucune macrophotographie, pourtant facile à faire, qui pourrait permettre une première comparaison avec celles du suaire...

 

Rappelons ici les faits démontrés sur le suaire de Turin :

le tissu est recouvert, probablement inégalement sur toute sa surface, d’une couche d’impuretés collée sur toute la circonférence des fibres les plus superficielles des fils de surface. L’épaisseur de cette couche varierait suivant les lots de fils en raison du mode de fabrication. En certains endroits (la zone image), cette couche est colorée en raison d’une déshydration-oxydation des constituants de la couche. Pour des raisons encore mal connues certaines fibres de la zone image sont colorées et d’autres non (discontinuité). En dehors de la coloration de cette "nanocouche" superficielle, RIEN ne distingue les fibres colorées des fibres non colorées de la zone image ou non-image.

Selon la théorie proposée, le lin est sombre au départ, non blanchi, (on ne sait rien sur sa préparation ou son mode de fabrication), puis blanchi au soleil. Les zones sombres de l'image sont celles qui ont été protégées du blanchiment par la peinture sur la glace.

On ne connaît pas bien le mécanisme de ce blanchiment par le soleil (action sur la lignine ?)

 

Des objections évidentes viennent immédiatement à l’esprit :

- les radiations solaires, comme toute radiation, induisent des changements dans la structure cristalline des fibres de lin. Comme l’a démontré Rogers (voir ici), aucune différence de ce type n’est détectable entre les fibres image colorées et non-image. Selon la théorie proposée les fibres blanchies devraient montrer des modifications de bi-réfringence traduisant le passage les rayons solaires, ce qui n’est pas le cas sur le suaire.

- Mais surtout le simple bon sens nous montre qu’il est impossible, avec la méthode de Wilson, d’obtenir ce que l’on observe sur le suaire : en dessous des rares fibres de surface colorées, toutes les fibres sont quasi-incolores, exactement identiques à toutes les autres fibres.

Puisque, dans l’hypothèse de Wilson, ces fibres quasi-incolores le sont parce qu’elles seraient blanchies par le soleil, il est tout simplement impossible, quel que soit l’angle des rayons solaires, de blanchir un fil en laissant non blanchies les 2 ou 3 fibres de surface de ce fil .

En d’autre terme, la méthode de Wilson doit logiquement entraîner le non blanchiment (cad la coloration) des fibres sur une certaine profondeur : l’image ne peut alors pas être superficielle comme sur le suaire.

- la discontinuité semble aussi incompatible avec sa méthode : pourquoi, dans une petite zone de l’image des fibres seraient décolorées (blanchies) alors que les fibres voisines ne le seraient pas ?

- enfin la question des taches de sang reste une pierre d’achoppement pour cette théorie comme pour toute les autres théories niant que le suaire est enveloppé un vrai corps de crucifié.

 

- Actuellement des chercheurs essaient de se procurer des échantillons de tissu utilisés par Wilson, avec quelques difficultés semble t’il … Les recherches, si elles sont possibles, devraient s’orienter d’une part sur les propriétés physico-chimiques des images de Wilson, d’autre part sur l’analyse serrée des propriétés de tridimensionnalité et négativité, qui, en première approche, semblent contestables.

 

En conclusion : cette nième tentative d’explication de l’image du suaire, superficiellement séduisante, ne résiste pas à la simple analyse comparative entre les propriétés du suaire et celles que l’on peut logiquement attendre de la méthode de Wilson. Si Wilson finit par adopter un comportement scientifiquement éthique pour mettre à disposition des chercheurs son matériel et ses protocoles, il sera possible d’arriver à une certitude. Le veut-il vraiment ?

 

 

08/03/2005 :  IN MEMORIAM RAY ROGERS 

 

Ray Rogers, chimiste retraité des laboratoires de Los Alamos, directeur des études chimiques du STURP en 1978 sur le linceul et, comme tel un des meilleurs connaisseurs de celui-ci, est décédé ce 8 mars 2005 des suites d'une longue maladie, quelques semaines après la parution de son article capital invalidant la datation au carbone 14.

Pour l'auteur de ce site, comme pour beaucoup de chercheurs du suaire, il restera un modèle de rigueur scientifique et de pédagogie.

Ses principales découvertes non contestées sont d'une importance majeure pour l'avancée dans la compréhension du mystère du linceul :

- La nature chimique de l'image

- La non-validité de l'échantillon utilisé en 1988 pour la datation radiocarbone.

Personnellement, alors qu'il ne savait rien de moi, il a eu la gentillesse de répondre très amicalement par 3 fois à des courriels que je lui avais adressés, dont le dernier quelques jours avant sa mort. 

21/01/2005 : LA DATATION PAR LE CARBONE 14 DONNANT UN AGE MEDIEVAL AU SUAIRE EST SCIENTIFIQUEMENT ET DEFINITIVEMENT INVALIDEE.

 

 

INTRODUCTION :

 

Prévenu par la liste de diffusion du site de référence mondiale www.shroud.com de cette nouvelle, alors que j'écrivais la dernière page du site, j'ai choisi de ne pas réécrire les pages en rapport avec le carbone 14 mais d'y rajouter des références à celle-ci.

D'autant que beaucoup d'informations contenues dans ce nouvel article confirment et étendent, en leur donnant un caractère scientifiquement solide (passant par le filtre d'une revue scientifique de haute tenue avec validation préalable par des experts) des données déjà connues.

 

Qu'apporte de nouveau cet article ?

 

- La confirmation que l'échantillon Raes, adjacent à l'échantillon radiocarbone n'est pas représentatif du suaire

- que tout indique qu'il s'agit d'un patch médiéval que l'on peut dater approximativement

- que toutes ces données sont valables aussi, comme on le soupçonnait, pour l'échantillon radiocarbone lui-même

- que l'étude de la cinétique de la décroissance dans le temps de la vanilline du lin permet de donner un âge au suaire lui-même, compris entre 1300 et 3000 ans (en fonction des conditions de conservation du linceul).

 

SOURCES :

 

- "Studies on the radiocarbon sample from the shroud of Turin" Raymond N.Rogers- Thermochimica Acta - Vol.425, Issues 1-2, 20 January 2005, Pages 189-194.

A ce jour le texte complet en anglais est gratuitement disponible en suivant le lien ci-dessus. Il est probable qu'il sera prochainement payant.

- "Microscopical Investigation of Selected Raes Threads From the Shroud of Turin" John L.Brown-2005.

Ce dernier article d'expert confirme les découvertes de Rogers sur l'échantillon Raes. Cette expertise indépendante a été demandée par Rogers lui-même.

 

ABSTRACT :

 

Compte tenu de son importance, je présente ci-dessous l'abstract ou résumé in extenso :

 

" En 1988, les laboratoires de datation au radiocarbone de l'Arizona, de Cambridge et Zurich ont déterminé l'âge d'un échantillon du suaire de Turin. Ils conclurent que la date de fabrication du tissu était comprise entre 1260 et 1390 avec un intervalle de confiance de 95%. Cela fut une surprise au vu de la technologie utilisée pour fabriquer la pièce, de sa composition chimique et de l'absence de vanilline dans la lignine. Les résultats posèrent question quant à la validité de l'échantillon.

Des estimations préalables de la constante de cinétique de décroissance de la vanilline de la lignine indiquent un âge beaucoup plus ancien pour le linceul que les analyses radiocarbone. La zone de l'échantillon radiocarbone est, de façon unique, recouverte d'une couche de gomme végétale jaune-brun contenant de la teinture. Les résultats de l'étude de l'aire de l'échantillon par spectrométrie de masse par pyrolyse couplés avec les observations microscopique et microchimiques prouvent que l'échantillon radiocarbone ne fait pas partie du tissu originel du suaire de Turin.

En conséquence la datation radiocarbone n'était pas valide pour déterminer l'age réel du suaire".

 LES DONNEES :

- Dans l'introduction, Rogers rappelle la façon dont on a procédé en 1988 pour choisir et prélever l'échantillon pour la datation radiocarbone.

Il note qu'aucune analyse chimique préalable n'a été faite pour le caractériser.

 

- Dans le paragraphe suivant il détaille l'origine des échantillons qui lui ont permis d'arriver à sa conclusion actuelle :

 

a) 14 segments de fils de l'échantillon Raes, adjacent à l'échantillon radiocarbone, obtenus du professeur Luigi Gonella le 14 octobre 1979, photographiés et archivés. Certains ont été utilisés et détruits pour des tests chimiques entre 79 et 82 mais la plupart ont été conservés.

 

b) 32 échantillons de surface prélevés au cours de l'étude du STURP en 78 provenant de toutes les aires du suaire avec un adhésif spécialement conçu, non contaminant.

 

c) En 1978 encore, des échantillons du tissu de Hollande utilisé pour réparer et renforcer le linceul à la suite de l'incendie de 1532. Ce lin historiquement daté permet des comparaisons.

 

d) Le 12 décembre 2003, Rogers reçoit du professeur Luigi Gonella des fils prélevés en 1988 au centre de l'échantillon radiocarbone, avant que celui-ci ne soit donné aux laboratoires de datation.

 

- Le paragraphe suivant détaille les méthodes alternatives pour une estimation de l'âge du lin:

 

a) la structure cristalline des fibres fonctionne comme un dosimètre : les radiations de toute sorte laissent des traces. Sans connaître les conditions de stockage du suaire il n'est pas possible de l'utiliser pour le dater. Cependant tout indique que le lin a absorbé tout type de radiations pendant un temps très long.

 

b) La vanilline permet une approche beaucoup plus intéressante :

 

Produit de dégradation naturelle de la lignine présente aux noeuds de croissance du lin, son taux diminue avec le temps. Un test très sensible permet de le mesurer (Phloroglucinol-Acide chlorhydrique).

Le test est négatif sur le suaire (comme sur les rouleaux de la mer morte), clairement positif sur l'échantillon Raes, sur le tissu de Hollande et d'autres lins médiévaux.

 

Stanley T.Kosiewicz de Los Alamos vieillit artificiellement par chauffage à différentes températures des échantillons de lin pendant 2 ans. Il a pu ainsi déterminer une constante,  fonction de la température, qui peut être utilisée dans la loi d'Arrhenius (loi donnant, pour toute réaction chimique, la variation à chaque instant de la quantité de réactif, ici la vanilline, en fonction de différents paramètres).

 

Pour perdre 95% de sa vanilline qui devient alors indétectable (comme sur le linceul), le lin met 1319 années s'il est conservé à 25°, 1845 ans à 23° et 3095 ans à 20°.

La chaleur diminue le taux de vanilline; cependant l'incendie de 1532, en raison des propriétés peu conductrices du lin n'a pas pu modifier ce taux de façon notable (plusieurs indices détaillés dans l'article corroborent cette affirmation).

 

c) Rogers détaille ensuite très longuement la découverte de la couche de teinture recouvrant les fils de l'échantillon Raes et de l'échantillon radiocarbone.

Les tests chimiques sont détaillés et très approfondis.

Il en est de même des spectres obtenus par spectrométrie de masse par pyrolyse à partir de fibres  recueillies en 1981 en de nombreux endroits du suaire.

A cette époque, il s'agissait d'établir l'absence ou la présence de peinture sur le suaire.

Rogers a donc pu reprendre dans le détail les spectres obtenus et comparer ceux de la future zone du prélèvement radiocarbone avec le reste du linceul.

La différence est nette et démontre la présence de pentoses sur les seuls échantillons Raes et radiocarbone et nulle part ailleurs. Ces formes de sucre caractérisent la gomme végétale recouvrant cette seule zone, très probablement la gomme arabique (voir ici pour des détails sur cette couche).

Ce type de teinture n'apparut en Europe que dans les années 1290.

 

CONCLUSION :

 

" Le fait que la vanilline est indétectable dans la lignine des fibres du suaire, le lin des rouleaux de la mer morte, et d'autres lins très vieux, indique que le suaire est vieux.

Une détermination de la cinétique de la disparition de la vanilline suggère que le suaire est vieux de 1300 à 3000 ans. Même en acceptant des erreurs dans les mesures et les hypothèses de conditions de stockage, il est très improbable que le suaire ne soit vieux que de 840 ans. (...)

Les preuves combinées provenant de la cinétique chimique (de la vanilline, NDT), de la chimie analytique, du contenu en coton, et de la spectroscopie de masse par pyrolyse prouvent que le matériel issu de la zone radiocarbone du suaire est significativement différent du linceul.

Par conséquent l'échantillon radiocarbone ne faisait pas partie du tissu original et est non valide pour déterminer l'age du suaire". (Ray Rogers).

 

 

 

13 MARS 2005 : LES PREMIERES CRITIQUES DE L'ARTICLE DE ROGERS

 

L'article de Rogers a eu, comme on pouvait s'y attendre, un retentissement important dans le "petit monde du suaire" mais aussi bien au delà, aux Etats-Unis en particulier (agence Reuter, des journeaux, plusieurs sites Internet).

Bien entendu, les sites "sceptiques" les plus virulents font une attaque en règle qui porte beaucoup plus sur l'ensemble des études du suaire que sur les données de Rogers. Ne nous y attardons pas.

 

En revanche la critique et la discussion les plus intéressants portent sur la question de la vanilline et la méthode préliminaire mise au point par Rogers pour déterminer l'âge du suaire en fonction du taux de décroissance de la vanilline. Rappelons que, du fait que l'on ne détecte pas de vanilline sur le suaire (contrairement à l'échantillon radiocarbone), Rogers déduit que celui-ci doir être vieux de 1300 à 3000 ans en fonction de la température moyenne de stockage.

Or, comme Rogers le dit, la courbe de décroissance de la vanilline est exponentielle en fonction de la température. Dès lors il est tout à fait envisageable de penser que si le suaire a été exposé, ne serait-ce que quelques heures, à des hautes températures (en particulier au cours de l'incendie de 1532) le taux résiduel de vanilline pourrait avoir atteint un niveau indétectable.

Rogers parle bien de cette question dans son article mais il écrit que le lin, dans son ensemble, n'a jamais pu atteindre de très hautes températures. Du fait 1) de la très faible conductivité thermique de ce tissu attesté par la faible propagation de la coloration brune autour des trous de brûlure 2) qu'aucun des échantillons ne présente de taux détectable de vanilline alors qu'on devrait trouver des taux variables en fonction du gradient de température au travers du tissu Rogers en déduit que le tissu n'a jamais chauffé de façon importante.

 

J'ai envoyé un email à Rogers pour lui faire remarquer que le lin devait avoir été chauffé globalement au cours de l'incendie, à des températures inférieures aux températures où la cellulose commence à se décomposer (puisqu'il a montré par ailleurs que ce n'est pas le cas) soit 250° à 300°C, indépendamment des traces de brûlures qui traduisent sans doute le contact de l'argent fondu.

Dans sa réponse Rogers répète essentiellement ce qu'il écrit à ce propos dans son article et rajoute que les résultats des analyses spectrales du sang et des tests microchimiques montrent que celui-ci n'a pas non plus été chauffé. A ma question de savoir si, de ces données sur le sang, on pouvait en déduire la température maximale atteinte par le sang et donc le tissu au cours de son histoire, il me répond que c'est impossible de le savoir en l'absence d'études précises. La seule chose qu'il peut affirmer c'est que le sang et le tissu n'ont jamais dépassé des "low temperatures" (basses températures).

 

En résumé, l'utilisation de la technique de datation par la vanilline dans le cas du suaire me semble être sujette à caution dans le cas du suaire, sauf à pouvoir prouver par ailleurs que celui-ci n'a jamais atteint les températures qui rendraient cette technique inutilisable. Les arguments en ce sens de Rogers ne me semblent pas suffisamment convaincants.

 

En tout état de cause, ceci n'enlève rien à la validité de sa conclusion principale : l'échantillon radiocarbone ne fait pas partie du suaire et la datation de 1988 est donc invalide (sur l'ensemble des données présentées, y compris la différence des taux de vanilline). 

 

 

20/08/2005 : VANILLINE, TEMPS ET CHALEUR : POURQUOI ROGERS POURRAIT BIEN AVOIR EU RAISON :      

 

Comme nous l'avons vu ci-dessus, le principal point faible de l'article de Rogers réside dans sa tentative de datation du suaire par la nouvelle méthode des taux résiduels de la vanilline.

Cependant, un argument indirect semble accréditer sa thèse.

 

Il est démontré que la zone découpée pour la datation au radiocarbone appartient à (ou est à la marge de) une tache d'eau utilisée pour éteindre l'incendie de 1532.

 

 

 

Ce fait est d'une part clairement visible sur la photo en fluorescence UV et d'autre part confirmé par les analyses d'Adler qui montrent que des fibres extraites de la zone radiocarbone sont extrêmement chargées en composés minéraux par rapport au reste du suaire y compris par rapport aux fibres des autres taches d'eau (probablement parce que la couture proche de la zone radiocarbone a stoppé la progression de l'eau chargée des résidus brûlés entraînant ainsi une concentration extrêmement importante de ces résidus dans cette zone).

La conséquence évidente est que les fils de la zone radiocarbone étaient présents sur le suaire avant 1532 et qu'ils ont donc été soumis à la chaleur de l'incendie, comme le reste du suaire.

 

Puisque la vanilline est détectable sur cet échantillon, la chaleur n'a pas été suffisante pour abaisser le taux de vanilline à un niveau indétectable.

Comme la vanilline est indétectable sur toutes les autres parties du suaire, on peut en conclure que seul le facteur "temps" peut expliquer la différence en vanilline entre l'échantillon radiocarbone et le reste du suaire : l'échantillon radiocarbone est beaucoup plus "jeune" (en moyenne) que le suaire.

 

 

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